Parmi les sorties de septembre, deux autres albums prennent eux aussi appui sur l’Histoire.
«Le Pavé Originel» raconte avec...
«Je suis fasciné par la mer, les rivages et l’atmosphère que l’on y rencontre», dit Séra. En prenant le large...
«Clandestine» est d’une tout autre veine: un dessin enfantin signé Marc-Renier et un récit autobiographique de Virginie...
Les secrets de famille sont une source d’inspiration inépuisable pour la littérature. La bande dessinée n’y échappe...

A la demande de Gilles Ciment, le directeur de la Cité, il a dû retirer deux agrandissements et trois planches, jugées trop pornographiques.
En décembre, le journaliste du Point et de Chronicart pensait pourtant avoir trouvé un compromis. Il avait accepté de supprimer les deux agrandissements. «Mais quand je suis revenu mardi, Gilles Ciment m’a demandé d’enlever trois autres planches, en me disant qu’il ne voulait pas voir ça chez lui», déplore Romain Brethes, qui ne comprend pas la position du directeur de la CIBDI : «Cette crainte excessive est malheureusement dans l’air du temps».
Benoît Mouchart, le directeur du festival, partage ce sentiment: «A titre personnel, je trouve regrettable qu’on ne puisse pas exposer des artistes témoins de ce qui se passe dans leur pays. Cela veut dire qu’aujourd’hui, on ne pourrait pas publier Hara-Kiri, réagit-il. Ce ne sont pas des images pornos gratuites comme on peut en trouver sur internet. Elles ont du sens. L’année dernière au théâtre, pour l’expo consacrée à 35 ans de Grands Prix, on avait montré des choses autrement plus choquantes, avec une tournante de Vuillemin ou une levrette de Crumb.
On peut aussi parler du tableau de Courbet, L’origine du monde, exposé à Orsay», compare-t-il. Légalement, Gilles Ciment a sans doute raison. Je me soumets à sa décision puisqu’il est chez lui. Mais je pense qu’à l’avenir, nous ne ferons plus d’expo de BD adulte à la CIBDI».
De son côté, Gilles Ciment réfute le mot censure: «Il s’agit uniquement de protection des mineurs et de responsabilité de la part d’une institution publique, assure-t-il. Dans une galerie d’art, ce serait différent. Je ne suis pas puritain mais je refuse que des enfants, en se baladant dans la CIBDI, tombent sur ce genre de dessin. C’est comme si on demandait si on est d’accord pour passer un film porno à 16h30 sur une chaîne pour enfants». Pour lui, un simple avertissement, préconisé par le festival, n’était pas suffisant: «Il fallait prévoir ou des vigiles, ou un dispositif scénographique du type œilletons en hauteur».
Romain Brethes a adressé un mail aux quatre auteurs sud-africains exposés, attendus à Angoulême à partir de jeudi: «Ils ne comprennent pas qu’on puisse réagir ainsi en France», rapporte-t-il. Pour montrer son désaccord, ce collaborateur régulier du festival a décidé de boycotter l’inauguration des expos du CNBDI mercredi soir.