Parmi les sorties de septembre, deux autres albums prennent eux aussi appui sur l’Histoire.
«Le Pavé Originel» raconte avec...
«Je suis fasciné par la mer, les rivages et l’atmosphère que l’on y rencontre», dit Séra. En prenant le large...
«Clandestine» est d’une tout autre veine: un dessin enfantin signé Marc-Renier et un récit autobiographique de Virginie...
Les secrets de famille sont une source d’inspiration inépuisable pour la littérature. La bande dessinée n’y échappe...
Pénélope Bagieu, 26 ans, a une double vie. Sur la toile, elle est Pénélope Jolicœur depuis 2007. Déconnectée, elle est illustratrice pour la publicité. Sur son blog intitulé «Ma vie est tout à fait fascinante», elle met en scène sa vie, ses coups de gueule comme ses coups de cœur.
Remarquée par une maison d'édition, une BD du même nom que son blog a vu le jour. Puis une deuxième, «Joséphine», où elle raconte les déboires sentimentaux d'une parisienne trentenaire. CL a passé tout l'été avec elle en vous proposant des extraits de cet album. A la rentrée, vous allez pouvoir découvrir la suite des aventures de Joséphine, dans un nouvel album.
Comment est née Joséphine ?
Pénélope Bagieu. Je voulais faire un personnage différent de moi. Mais j'ai un peu échoué sur certains points. Enfin, d'un point de vue scénaristique, c'est quelque chose d'autre. Joséphine est plus cadrée, plus classique. Qu'elle soit célibataire, c'est plus rigolo que de n'avoir que des discussions avec son mec devant le bac à vaisselle. Et qu'elle soit plus vieille que moi aussi. ça me permet de faire un pot-pourri de ce que je connais, ce que j'entends. Je m'inspire de ma sœur, qui est plus grande, et de mes amies.
Si Joséphine est un personnage de fiction, Pénélope Jolicœur, le personnage que l'on retrouve sur votre blog et dans votre première BD, est votre double, non ?
P. B. Pénélope n'est pas un double, c'est moi, totalement. Mais on fait vite le tour de l'autobiographie, car il y a plus de retenue quand on parle de soi. Le terrain de jeu est beaucoup plus vaste avec des personnages de fiction. On charge beaucoup plus la mule quand on parle de quelqu'un d'autre.
Une raison particulière au fait que Pénélope soit blonde ?
P. B. Ah non, surtout pas ! Ce n'est pas du tout un cliché sur les blondes. Il n'y a que les mecs qui disent ça. Je crois qu'il y a du machisme déguisé là-dessous. Le cliché, je l'entends en pub: «Ah non, pas une blonde, elle va avoir l'air conne.» Là, c'est purement égoïste. Je voulais avoir du plaisir à dessiner quelque chose de différent. Et le plaisir est très important quand on veut travailler avec un personnage sur plusieurs années. J'ai dessiné une blonde pour changer, et ça lui va bien. Elle est harmonieuse, toute mignonne !
Combien de temps par jour dédiez-vous à vos personnages ?
P. B. Le soir et le week-end. Et sur la fin de la préparation du tome 2 de Joséphine, c'était tous les jours pendant deux mois. En fait, je dessine quand il n'y a pas de boulot. Et là, avec la conjoncture défavorable... je dessine ! [rire]
D'où est née cette envie de raconter des histoires ?
P. B. C'était pour dessiner en dehors du travail, sans motivation professionnelle. Car on ne dessine plus que pour des gens qui, comment dire poliment, «ont leurs goûts». Je voulais juste faire mon journal dessiné, comme je le fais depuis toute petite, mais en plus propre et en m'astreignant à un rythme. J'ai toujours dessiné, il y a des piles de cahiers jusqu'au plafond chez ma mère. J'ai opté pour un blog, faute de mieux, parce que je ne sais pas faire un site. Je voulais pouvoir archiver et faire défiler mes images. L'idée de partage n'était pas prioritaire.
Que se passe-t-il dans le tome 2 des aventures de Joséphine ?
P. B. Cette fois-ci, je voulais qu'elle touche le fond, pour la faire rebondir, qu'elle ait plus ou moins un déclic qui se fasse. Je voulais qu'elle soit moins niaise, parce que moi aussi elle commence à m'agacer. Tout le monde va le découvrir en même temps. Je ne montre pas mes planches à ma famille ou mes amis avant que le livre ne soit fini. Ils préfèrent avoir la surprise. Pourtant, je suis hyper demandeuse d'avis, mais quand ça ne va pas dans le sens que je pensais, ça m'agace. [rire]
Quels sont vos projets après cette BD ?
P. B. Maintenant que Joséphine 2 est bouclé, je travaille sur un nouveau projet chez Gallimard. C'est encore autre chose, ça m'effraie, une histoire longue sur 130 pages, plus une nouvelle. Ça sera bon pour la fin de l'année. Il y a de la trahison, des méchants, du calcul, un peu de mauvais esprit, hihihi ! Et puis je reprendrai Joséphine. Il y a encore des choses à faire...
Il paraît que vous avez reçu un prix au festival de la BD d'Angoulême ?
P. B. Non, je n'ai pas eu ce prix comme ça a pu être dit dans un journal, même si j'aurais bien aimé. Par contre, en 2008, j'ai fait partie du jury du Prix du Blog. Je suis allée au festival cette année encore, et bien sûr, j'y retourne l'année prochaine. Ce sont des copains. C'est un peu incontournable et puis c'est sympa. C'est l'occasion de voir tout le monde.
Quelles sont les BD que vous lisez en ce moment ?
P. B. Je viens de lire le tome 6 de «Paul». C'est fait par Rabagliati, un auteur québécois. J'aime aussi David B, et, en général, ce que fait L'Association. J'aime les choses qui parlent de la vie.
«Joséphine 2, Même pas mal»,
de Pénélope Bagieu,
éd. Jean-Claude Gawsewitch, 15€.
Parution le 24 septembre.
www.penelope-jolicoeur.com.